Votre salaire n'est pas versé, arrive en retard ou ne correspond pas à ce qui était dû. Avant d'écrire, le point décisif est simple : pouvez-vous identifier une somme déjà exigible et la chiffrer vous-même, à partir d'un bulletin, du contrat, d'un planning validé ou d'un accord écrit ?
Si la réponse est oui, un courrier clair peut remettre le sujet au bon endroit : demander le paiement. Si la réponse est non, le problème porte peut-être sur un calcul, une convention collective, une fiche de paie fausse ou un conflit plus large. Dans ces cas, une lettre standard peut brouiller le dossier.
Quand le salaire doit être payé
Pour le cas général, Service-Public indique que le salaire est versé obligatoirement une fois par mois. Aucune date unique n'est imposée dans tous les cas, sauf accord ou convention collective, mais l'employeur doit payer chaque mois à la même période.
Pour les salariés non mensualisés, les règles sont différentes : le Code du travail prévoit un paiement au moins deux fois par mois, à seize jours au plus d'intervalle. MesRecours peut traiter ce cas seulement si vous renseignez déjà les périodes et les montants, sans demander au formulaire de recalculer le salaire.
Ce que vous pouvez réclamer
Le courrier doit viser une somme salariale déjà due et chiffrée :
- salaire de base non versé ;
- paiement partiel du salaire ;
- retard de paiement ;
- somme mentionnée sur un bulletin mais non reçue ;
- complément contractuel ou prime fixe déjà due ;
- heures supplémentaires ou complémentaires seulement si elles sont déjà reconnues et chiffrées.
La lettre gagne en force quand elle est courte : période concernée, montant, source du chiffre, preuve déjà disponible. Une demande générale du type "payez tout ce qui m'est dû" laisse trop de place au débat.
MesRecours ne calcule pas le salaire, les heures supplémentaires, le SMIC, un minimum conventionnel, les cotisations, les congés payés ou les indemnités de rupture. L'outil reprend un montant que vous indiquez.
Fiche de paie et paiement réel
Tout salarié doit recevoir une fiche de paie lors du paiement du salaire. Si le bulletin mentionne une somme mais que le virement n'est pas arrivé, gardez le bulletin et vos relevés bancaires : ils aident à montrer l'écart entre ce qui est affiché et ce qui est réellement versé.
Si le bulletin manque ou ne reflète pas le paiement réclamé, le courrier peut demander une régularisation liée à cette somme. En revanche, une contestation complète du bulletin, par exemple sur une classification, un taux horaire ou un minimum conventionnel, demande un courrier plus précis.
Les cas où il faut s'arrêter
N'utilisez pas une lettre standard si le vrai sujet est :
- un employeur public ou un particulier employeur ;
- une entreprise en sauvegarde, redressement ou liquidation judiciaire ;
- une mission d'intérim, du portage, un statut d'intermittent, une situation internationale ou un apprentissage ;
- un montant inconnu ou à calculer ;
- des heures supplémentaires contestées ou non chiffrées ;
- des indemnités de rupture, congés payés, frais professionnels ou dommages et intérêts ;
- une attestation France Travail erronée à faire corriger ;
- un reçu pour solde de tout compte déjà signé ;
- une prise d'acte, une résiliation judiciaire ou une rupture contestée ;
- du harcèlement, une discrimination, une maladie, un accident ou une inaptitude ;
- une procédure déjà engagée devant le conseil de prud'hommes.
Le non-paiement du salaire est sérieux. Mais Service-Public précise que le Code du travail n'autorise pas le salarié à cesser le travail du seul fait du retard ou du non-paiement. Ne partez pas sur cette voie sans conseil adapté.
Préparer le courrier
Avant de rédiger, rassemblez les éléments simples :
- contrat de travail ou avenant utile ;
- bulletin de paie concerné ;
- relevés bancaires montrant l'absence ou le paiement partiel ;
- planning validé ou accord écrit si vous réclamez un élément précis ;
- échanges avec l'employeur ou le service RH ;
- montant total encore réclamé.
Vous pouvez préparer une demande de paiement de salaire impayé si vous êtes salarié majeur du secteur privé, si l'employeur privé est identifié, si la somme est déjà due et si le montant est déjà chiffré.
Si votre contrat est terminé et que le sujet principal est l'absence de certificat de travail, de solde de tout compte ou d'attestation France Travail, utilisez plutôt la demande de documents de fin de contrat. Si l'attestation France Travail existe mais reprend mal un salaire déjà identifié, la bonne demande peut être la correction de l'attestation, sans réclamer le paiement dans le même courrier. Si vous avez signé le reçu pour solde de tout compte et que la somme salariale contestée figure dans ce reçu, la bonne porte d'entrée est la dénonciation du reçu signé. Si vous envisagez de démissionner parce que le salaire n'est pas payé, relisez le guide sur la lettre de démission avant d'envoyer une lettre neutre.
Sources vérifiées le 2026-06-15
- Service-Public.fr : Paiement du salaire, fiche vérifiée le 24 octobre 2025.
- Service-Public.fr : Fiche de paie, fiche vérifiée le 1er juin 2026.
- Code du travail numérique : Demande de paiement de salaire, modèle mis à jour le 6 novembre 2024.
- Code du travail, articles L3242-1 à L3242-4, mensualisation et périodicité du paiement.
- Code du travail, article L3245-1, prescription de l'action en paiement du salaire.
- Code du travail, article R3246-1, sanction de certaines modalités de paiement du salaire.
Réclamez une somme salariale déjà due, déjà chiffrée et rattachée à des périodes précises. Conservez les preuves d'envoi et les justificatifs. N'utilisez pas ce courrier pour calculer le salaire, contester une rupture ou préparer une procédure prud'homale.